jeudi, 19 juin 2008
Comment Sarkozy, Fillon et la Droite Compagnie plombent les salaires
Aujourd’hui la question du pouvoir d’achat est un problème central. Le gouvernement et « Mister Pouvoir d’achat » mettent en place des mesures plus fantaisistes les unes que les autres mais se gardent bien d’aborder le sujet de l’augmentation des salaires qui à sa seule évocation risquerait de faire frémir les organisations patronales.
On entend effectivement souvent le Medef dire que comme les charges sociales sont exorbitantes il est impossible d’augmenter les salaires . Mis à part les grands groupes et des entreprises qui sont évidemment de mauvaise foi car elles rémunérent au mieux les actionnaires qu’en est-il dans la réalité ?
Monsieur Jules Petiteboite est dirigeant d’une nouvelle entreprise qui développe des produits innovants sur un marché plein d’avenir. Sa compétence et son savoir faire commencent à sérieusement porter ses fruits . Comme c’est un manager intelligent et responsable il souhaite augmenter son collaborateur qui est actuellement au smic. Il pense qu’une augmentation de 300 euros net par mois ( 2000 francs) constituerait un facteur de motivation et correspondrait à une plus juste rémunération. Comme la simplicité n’est pas encore une vertu française il court voir son comptable pour chiffrer l’opération . Après avoir rapidement expliqué son projet, l’expert fait un bond de 350 mètres de haut ,hurle à la faillite et fait un arrêt cardiaque. En effet pour augmenter son collaborateur de 300 € net par mois, il perds 344 € d’allègement de charges de la fameuse "réduction Fillon sur les bas salaires" . Donc au final son salarié lui coutera avec les charges 36 000 € annuel contre 17 000 € s’il l’avait laissé au SMIC, c’est à dire plus du double pour une augmentation net de 30%. Malgré tout comme ce salarié est très compétent et qu’il risque de partir, le dirigeant décide tout de même d’engager une négociation. Contre toute attente le salarié lui fait remarquer que pour que ses revenus net augmentent réellement de 300 € compte tenu de sa situation il faudrait que son salaire augmente de 441 € net par mois : il perd annuellement 649 € de prime pour l’emploi et 1037 € d’allocation logement. Alors ils décident d’étudier une autre possibilité car il paraît qu’avec les heures supplémentaires on gagne plus en travaillant plus.Il conviennent donc de l’éventualité de 200 heures supplémentaires annuelles majorées à 25% et payées au smic qui rapporteront 2054 € au salarié ( 171 € par mois )et qui contribueront de surcroit à l’amélioration du chiffre d’affaires . Mais le salarié qui n’est pas plus bête que mal habillé se saisit de sa calculette et constate que ses allocations logement seront réduites de 566 € annuel et sa prime pour l’emploi de 262 €, ce qui fait au total une réduction de 828 €. Alors le salarié conclut qu’il va travailler 200 heures de plus pour un gain horaire réel net de 6,13 € ( en dessous du Smic ).
Dans ces conditions le salarié et l’employeur qui sont pourtant dans une dynamique positive restent perplexes et ne comprennent pas pourquoi le gouvernement pénalise un employeur qui veut payer plus et prend pour un imbécile un salarié qui veut travailler plus en lui faisant miroiter des gains nets qui ne sont pas fidèles à la réalité.
Certains diront de cette histoire qu’elle ne participe pas vraiment d’un esprit civique ....mais est-il incohérent de réfléchir sur les gain réels net potentiels d’un salarié de faible salaire ? . Le spectre de l’assistanat est bien sur la tarte à la crème des plus simplistes que le gouvernement agite . La réalité est bien différente et on est loin des goldens parachutes , des stocks options ou des boucliers fiscaux, qui permettent à des redevables de l’ISF de recevoir des chèques de 8 millions d’€ de « trop perçu d’impôt ». Nombre de salariés tirent le diable par la queue avec un bas salaire et ils bénéficient en complément indispensable de quelques prestations qui ne sont au final que le fruit de leurs cotisations sur leur travail. Puis paradoxalement rien n' encourage les employeurs qui jouent le jeu à augmenter les salaires , bien au contraire. On est de fait dans un système incohérent au possible ou la perversité de dispositifs empêchent la mise en œuvre de stratégies gagnant gagnant et favorisent la précarité.
On ne dira jamais assez que l’argument qui consiste à favoriser l ‘emploi des bas salaires par un allègement est fallacieux car ce système plombe irrémédiablement les salaires vers le bas , crée une smicardisation et constitue un manque à gagner pour les caisses sociales. Une approche plus ciblée des allégements sociaux ainsi qu’un encouragement pour les entreprises qui rémunèrent correctement leurs salariés seraient sans aucun doute plus cohérents. Aujourd’hui c’est le contraire et les employeurs de la secte du « pas plus que le minimum » sont favorisés car il bénéficient gracieusement d’allégement pour leur absence de largesse et la politique familiale financée par tous permet à leurs salariés de survivre en complément des salaires abusivement bas. Il ne s’agit bien sur pas de remettre en cause les prestations familiales mais de pointer en quoi les employeurs qui ne jouent pas le jeu profitent indirectement du système au détriment des entreprises qui ont des comportements citoyens. Il est urgent de mettre l’ensemble de ces éléments sur la table.Ce n’est pas des recettes de type café du commerce comme « gagner plus » qui vont faire avancer le sujet surtout quand celui qui a commis la loi sur le plombage des salaires est le premier ministre actuel.
* les différents calculs ont été fait sur la base d’un salarié marié avec 2 enfants dont le conjoint est à mi temps au smic dont le loyer est de 600 € hors charges.
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vendredi, 16 mai 2008
Grève contre l’assassinat du service public
Ce n’est pas pour rien si des milliers de lycéens et d’ agents de la fonction publique étaient dans les rues hier pour manifester leur mécontentement face au plan de démantèlement et aux suppressions de poste dans le service public . Depuis un an le leit motiv du gouvernement est la réduction par deux du nombre d’agents de la fonction publique. Ce n’est même pas le résultat d’un audit de fonctionnement ,c’est du dogmatisme pur et dur version libérale. 36 000 suppressions de postes de salariés de la fonction publique sont prévues en 2009, 11200 enseignants en moins dès la rentrée 2008. Il s’agit du plan de démantèlement le plus sauvage et le plus absurde qui n’ait jamais été mis en œuvre. Un service public de qualité est une condition essentielle pour un état moderne, juste et orienté vers l’avenir. Comment apprendre mieux avec beaucoup moins d’enseignants ? comment développer l’innovation sans enseignement de qualité ? . Une réflexion générale sur le service public est surement pertinente mais sabrer sans aucune véritable analyse est carrément aberrant. Mis à part des phrases marketing populistes toutes faites comme « travailler plus » ou « diviser par 2 » ce gouvernement n’a décidément pas de réflexion de fond ni sur le plan politique ni du point de vue économique.

14:48 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ps béziers, politique, service public
mardi, 06 mai 2008
Mais qui a donc bien pu voter Sarkozy ?
Nicolas Sarkozy actuellement au plus bas dans les sondages détient le record historique
de la désapprobation des français avec 2/3 d’opinions défavorables . Un an jour pour jour après son élection c’est à se demander comment cet homme qui fait l’objet d’un mécontentement profond qui n’a rien de conjoncturel a pu réunir 53% des suffrages. Aujourd’hui l’électeur sarkozyste semble être une espèce en voie de disparition. Mais qui a donc bien pu voter Sarkozy ? Les critiques semblent tellement unanimes qu’il est difficile de concevoir qu’il y a à peine un an ses boniments de campagne ont enflammé des millions de français . Mais comme le disait Brassens « la loi de la pesanteur est dure mais c’est la loi ».Après un an seulement, les mauvais résultats , l’accroissement des inégalités et un style très peu présidentiel sont apparus derrière les rideaux de fumée. Adieu Fouque’ts, yachts, jets, hôtes fortunés , feux de la rampe , aujourd’hui mardi 6 mai 2008 Nicolas Sarkozy est contraint de fêter l’anniversaire de son élection en catimini lors d’un cocktail dinatoire auquel sont exclusivement conviés les ministres et leurs conjoints. Non pas que cela lui plaise mais il serait vraiment très malvenu d’en rajouter. En effet ses prouesses après un an de présidence ne méritent vraiment pas d’être célébrées puis c’est aussi ans le ton de la nouvelle communication présidentielle qui tente de faire avaler que Nicolas Sarkozy a changé. Il serait à ce qu’il paraît devenu humble, modeste posé et discret . Enfin contrairement au gouvernement qui va se régaler de petits fours sur les deniers publics , vu la situation catastrophique du pouvoir d’achat sur que les français ne vont pas fêter l’anniversaire de l’élection de Sarkozy.
15:02 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ps béziers, pati socialiste, politique



