vendredi, 13 juin 2008

Béziers fait l’Hours quand la médiathèque hiberne

C’est beau ,c’est grand, c’est magnifique , c’est géant …. Dans la droite ligne des grandes  visions futuristiques  du maire de Béziers.... à Béziers le facteur Wilson toujours deux fois (mais pas à la poste historique du centre ville qui va être détruite).  On peut même lire sur le site de la SEBLI  « aujourd’hui Béziers la conquérante est fidèle à ses gènes et à son histoire ». Comme quoi la génétique qui plait d’ailleurs beaucoup à notre Président de la république est une science qui a des applications multiples. Pour ceux qui seraient néophytes,  les lois de la  génétique urbaine ( urbanicus généticus) sont fondées sur des critères  historiques qui vont de la préhistoire en passant par le moyen âge. Ainsi l’homo bitérus portait déjà  en lui la vision du très fameux quartier Wilson sensé  représenter le renouveau de Béziers plus de 1000 ans après. Non pas que la création d’un quartier d’affaires ne soit pas un élément important de développement  mais il s’agit d’un véritable cache misère destiné à être la façade d’une réalité beaucoup plus triste.

Par ce projet la municipalité de droite espère acheter un peu de modernité à une ville  qui se quart mondise tant la cohabitation d’une minorité aisée et d’une population précaire est flagrante. Le projet consiste soit disant à impulser une dynamique qui bénéficiera aussi au centre ville. Cette théorie est tout aussi absurde  que les cadeaux fiscaux faits aux plus riches qui étaient sensés améliorer le pouvoir d’achat des plus pauvres . Il vient d’ailleurs un mot à l’esprit qui ne semble pas se conjuguer à la mode locale, il s’agit du mot « harmonie ». Rien n’est harmonieux dans le projet urbanistique global qui est mis en œuvre.  Ce qui manque c’est bien sur les liens entre les différents quartiers et une cohésion . Ce n’est d’ailleurs pas le but car il s’agit de créer des espaces de non mixité sociale . Il aura donc à deux pas d’un new quartier Wilson sensé être dynamique et tout le toutim , nombre d’ immeubles et de logements  en centre ville qui continueront à être insalubres et d’immeubles pas rénovés. Il y aura même encore quelques familles qui risqueront de passer à travers le plancher d’un sol en décrépitude. Cela durera tout le temps qu’il faudra jusqu’à que le new quartier prenne son envol.

Après quoi dans un second temps les promoteurs s’occuperont de la seconde réserve spéculative que constitue le centre ville. Ils le feront tranquillement dans le cadre d’une belle opération générale de rénovation du centre ville. Les prix auront d’ailleurs peut être un peu baissé d’ici là car les commerces de centre ville feront les frais d’un déplacement du « centre »  ce qui aura   contribué à appauvrir et dégrader le centre ville . Cette deuxième étape s’accompagnera d’un déplacement des populations « pauvres » devenues  personae non grata et de l’arrivée de populations plus aisées. Donc en conclusion si vous possédez un appartement en ville ne vendez surtout pas et patientez quelques temps il y aura surement une plus value conséquente à faire .Si vous êtes pauvres préparez vous à quitter Béziers car jamais la ville ne construira un nombre de logements sociaux équivalent à ceux qui ont été détruits à la Devèze. Enfin pour l’instant nous n’en sommes pas encore là et nombre de logement insalubres  ont encore de beaux jours devant   eux car la réussite l’opération économico urbanistique du « quartier Simpsons » est  loin d’être garantie même si un de ses  charmes est d’être à proximité  du Béziers historique ou romantique ( jardin des poètes, canal du midi) .  D’abord parce qu’il ne suffit pas de le dire pour qu’une ville soit attractive . Puis parce que les milieux économiques ont cela de commun qu’ils ont une forte capacité de réactivité. Cela veut dire qu’ils peuvent partir comme ils sont venus quitte à laisser un terrain en friche. Une des solutions serait  donc de privilégier des secteurs non délocalisables  qui offrent de meilleures garanties de retour sur investissement.

Mais pour l’instant la munipalité de droite se sent des ailes de bâtisseur et de constructeur…Certains leaders  n’hésitent même pas à s’affubler d’un casque de chantier sur des photos de campagne tellement ils se pensent bâtisseurs . Sauf que dans la réalité en 14 ans de gestion municipale on ne peut pas dire que la ville ait évolué de manière fabuleusement positive ni du point de vue économique ni du point de vue urbanistique. Si quelques routes par ci par là ont été bouchées la municipalité n’aura au final  effectué que l’entretien normal et il n’y a vraiment pas de quoi gausser. Seul l’agglomération qui dans sa première phase de mise en place a apporté des financements supplémentaires a sauvé la mise.  Malgré ce le  grand projet  préféré de du Maire de Béziers prend un retard considérable. En effet , à l’instar  d’une célèbre bande dessinée cela aurait pu être le début d’une aventure fantastique qui aurait commencé par : « César  souhaitait une grande médiathèque mais son constructeur local qui avait pas mal de difficultés alla chercher l’aide d’un mage d’un petit village gaulois . …» .  Sauf que le mage n’existe pas et que la potion magique  c’est l’argent des contribuables de l’agglomération biterroise.

Ainsi la Médiathèque dont la construction est pilotée  par la Sebli et qui aurait du ouvrir  courant 2007 n’est toujours pas opérationnelle. Pendant ce temps les biterrois sont donc privés de bibliothèque depuis  presque un an, pendant ce temps la ville concède gracieusement des pénalités de retard  légitimes à l’entreprise  Dumez chargée des travaux ( 592 000 € ), pendant ce temps tout va bien car le centre d’affaire Wilson vient d’être inauguré, tout va bien car les premiers occupants  de l’eldorado social de zone franche appelé intelligemment « le carré d’hor  » emménagent …..