jeudi, 25 octobre 2007

Voyage au nouveau centre du financement partisan

Comme le dit l’adage "on est jamais aussi bien servi que par soi même ". C’est pourquoi, sans complexes, le Nouveau Centre a proposé hier son projet de modification des règles de financement des partis  . Sous couvert «  de défense du pluralisme »,  ce  plaidoyer partisan   a pour objectif  un contournement de la règle de représentativité qui prévoit que seul les partis  ayant totalisé aux législatives plus de 1 % des voix dans au moins 50 circonscriptions sont éligibles au financement public. La proposition de loi  rétroactive présentée par le NC prévoit  quant à elle que les formations politiques qui pourront accéder à un financement public seront celles  dont au moins 15 des candidats présentés ont été élus députés .  Ce qui  permettrait comme par hasard au NC  ,qui comporte actuellement 21 députés, de prétendre à une subvention de 1,8 millions d’euros .  La proposition a  suscité un tollé général des députés socialistes mais aussi du Modem. Il y a de quoi car ce texte que certains ont même qualifié  de  « magouille» post électorale  est un véritable arrangement législatif rétroactif pour permettre au NC d’émarger sur un financement public. Ce projet  de loi qui bénéficie bien entendu du soutien de l’UMP pourrait d’ailleurs être interprété comme une  forme de  prime au ralliement à la majorité ou à la rupture avec François Bayrou . Finalement  face à la forte opposition légitime contre ce texte fondamentalement scandaleux  et antidémocratique les débats n’ont pu être achevés. Il sera donc prochainement examiné à nouveau en espérant la raison et la vraie démocratie l’emporteront. Les parlementaires socialistes ne manqueront d’ailleurs pas d’user de tous les moyens en leur possession pour y parvenir. Ce qui est choquant dans cette affaire n’est pas que la modification des règles de   financement des partis soit débattue démocratiquement à l’assemblée nationale mais que certains aient l’audace de tenter de changer les règles du jeu à posteriori pour  leur intérêt exclusif évident. Interrogée sur le sujet Madame Morano porte parole de l’UMP  a d’ailleurs évoqué  lors d’un interview le bien fondé à conduire une réflexion d’ensemble sur le financement des partis et mis en doute la  réelle participation à la vie politique de formations qui entrent dans les critères de financement actuels. On peut effectivement être d’accord avec l’idée d’un débat sur le fond s’il s’agit d’un débat d’intérêt général mais il est toutefois permis de douter de l’intention .  On peut aussi s’interroger  sur les finalités du  Nouveau Centre qui est à priori un parti d’élus . S’agit-il  exclusivement d’un parti de circonstance qui a été créé pour les législatives et les municipales ? Est ce une sorte de Nicolas  Club d’anciens députés UDF ? Est -ce  une filiale de l’UMP ? Il y a t-il des militants ? Est ce un centre de gravité destiné à capter l’électorat d’un segment d’électeurs de droite ?. En fait c’est une vraie révolution mathématique car  jusqu’alors un seul centre dans un hémicycle était admis. Aujourd’hui la  mathématique moderne de rupture admet  "l’ex centricité "et définit un "new centre" comme  un  centre dont le rayon exclusivement à droite est interdépendant des points  U,M, et P. La démonstration est peut-être un peu déplacée  mais guère plus  que l’idée de nommer dans la précipitation « nouveau centre » une formation  d’anciens députés de droite souhaitant poursuivre un autre mandat dans le giron d’une majorité présidentielle forcément à droite. Enfin quoiqu’il en soit il semble que nouvelle ou ancienne cette formation politique ait des besoins de financement .Effectivement au regard de la législation actuelle ses résultats aux élections législatives ne lui permettent pas d’être éligible  aux financements publics mais est-il vraiment légitime et démocratique d’envisager de modifier rétroactivement une loi de la république ? En réponse à la question,  bien que la métaphore sportive soit depuis peu moins à la mode, d’autres auraient pu dire " on ne change pas les règles en cours de match et encore moins après le coup de sifflet  final ".