« Sarkozy,tout ce qui brille n’est pas or | Page d'accueil | Chômage, baisse,mensonges et radiations »
mercredi, 25 juillet 2007
Ramer Sans Argent , le gouvernement veut expérimenter le RSA
13 milliards d’allègements fiscaux pour une poignée de favorisés, contre 25 millions pour les 50 000 personnes du dispositif d’expérimentation du RSA c’est ce qu’a dénoncé à juste titre la députée socialiste Marisol Touraine. Le gouvernement ne manque en effet pas d’air car il est beaucoup moins ambitieux avec la lutte contre la pauvreté qu’avec le culte de la réussite individuelle et de l’argent. Il ne l’est effectivement pas par ce que c’est un problème culturel de la droite. Si la charité est admise car il s’agit d’un vestige de pratiques plus ou moins religieuses de bon aloi, le RMI a toujours posé problème à la droite. Au final dans la conception de la droite mis à part la bonne conscience que confère la charité le pauvre est tout de même fainéant et la personne au RMI un assisté qui profite du système. La raison première du gouvernement à mettre en place le RSA n’est donc pas tant de vouloir que les personnes s’en sortent mais de faire en sorte que tous les pauvres travaillent. Quels sont donc ces pauvres qui coûtent à la société et qui empêchent les riches d’être encore plus riches ? Ce qui était bien avec l’aumône c’est que c’était facultatif alors que le RMI est un droit.. Le fait que la situation soit beaucoup plus compliquée que cela car la pauvreté est aussi structurelle est un paramètre qui échappe complètement aux cerveaux formatés des libéraux à tout crins. François Fillon a d’ailleurs déclaré à propos d’ aspects du RMI qui constituent un frein à l’insertion vouloir « en finir avec un système idiot ». L’envie est vraiment trop tentante de lui retourner le compliment car il faut rappeler que sans le RMI que la gauche a eu le courage de mettre en place la situation serait catastrophique. Monsieur Fillon , l’actuel Président de la République et tous ses apôtres n’ont vraiment rien compris au problème ou alors ils font semblant de ne rien comprendre . A les écouter on finirait par croire que c’est les salariés qui sont responsables du chômage. Le RMI comme le chômage sont les résultantes d’une économie dans l’incapacité d’assurer le plein emploi, ce qui a pour conséquence de laisser des personnes au bord du chemin . La problématique principale est aussi que le RMI qui devrait être une situation de « dépannage » tend à s’inscrire la durée pour nombre de personnes. Dans une situation de crise de l’emploi ce n’est pas un hasard si les personnes les moins formées sont les plus touchées. En y regardant de près ce n’est pas un hasard non plus si ce phénomène touche les personnes les plus fragilisées. Cela conduit a un problème majeur qui va au delà de l’emploi et qui s’appelle l’exclusion sociale. On voudrait nous faire croire que le problème principal est que les français ne travaillent pas assez. A ce qu’il paraît en France travailler rapporterait moins que vivre avec les minimas sociaux. Essayez donc de vivre en couple avec 661 € par mois ( 4330 F pour deux personnes), sachant que le RMI est une allocation différentielle, donc que dans ce minima sont intégrés tous revenus et toutes aides (sauf l’allocation logement). Toute la campagne présidentielle a d’ailleurs été alimentée par cette ineptie néanmoins populaire. Si je suis salarié et que mon pouvoir d’achat est minime c’est bien connu c’est par la faute du copain qui survit avec le RMI. Le pire c’est qu’avec de telles théories la droite a même réussi à diviser les pauvres et à les monter les uns contre les autres. Il existe effectivement des personnes qui profitent indûment du système mais c’est une minorité face à l’écrasante majorité de bénéficiaires qui survivent plutôt très difficilement avec le RMI. Doit on au nom d’un problème marginal qui de surcroît fait déjà l’objet de contrôles et sanctions méconnaître sur le fond les difficultés alarmantes de l’insertion des public bénéficiaires du RMI ? doit-on limiter la question à la comparaison entre les revenus de l’emploi et les aides ? La version de droite du RSA se limite à cette conception simpliste qui consiste à penser que le principal problème est la valorisation du travail par rapport aux aides. En minimisant les aspects sociaux et la formation professionnelle nécessaire pour que les personnes accèdent à un emploi, la droite minimise la nécessité d’un réel travail d’insertion. Ce qui n’est d’ailleurs pas du tout étonnant quand les mêmes politiques de droite sous couverts de décentralisation on effectué un transfert massif de compétences sur les conseils généraux sans la contrepartie financière correspondante. Enfin le fond du problème entre les revenus du travail et les aides ou les minimas sociaux n’est pas celui que l’on voudrait nous faire croire. Le niveau des salaires en bas de l’échelle est scandaleusement très bas et nombre de salariés subissent la contrainte d’emplois à temps partiels non choisis. La réalité c’est que dans ce pays il y a de plus en plus de travailleurs pauvres quand les salaires des grands patrons ne cessent d’exploser. Le problème est donc indéniablement le niveau des salaires plus que le montant des aides. Cela fait effectivement qu’aujourd’hui une personne puisse éventuellement perdre de l’argent en travaillant compte tenu d’un salaire dérisoire, des frais de transports, des frais de garde d’enfant. Mais est ce que le problème ne se situe pas d’abord sur le niveau de salaire et sur le niveau des services publics ? N’il y a t-il pas aussi a revoir le système d’imposition sur le revenu et les diverses prestations familiales en prenant en compte une notion de revenu disponible ( salaires + aides + charges incompressibles –impôts ) plutôt que des quotients familiaux non significatifs . Il faut bien reconnaître qu ‘aujourd’hui les prestations familiales compensent un niveau de salaire anormalement bas,ce qui revient aussi à financer indirectement les entreprises qui pratiquent une politique de bas revenus . Le RSA bien conduit serait un dispositif des plus intéressant qu’il conviendrait d’intégrer dans une politique globale de l’emploi et du pouvoir d’achat. Il conviendrait aussi d’appuyer cette mesure par une stimulation du secteur de l’économie solidaire et par une activation de la dépense publique en vue de la création d’emplois. Malgré ce vu la politique actuelle du gouvernement et les moyens dégagés pour l’expérimentation il est normal de rester prudent voir septique sur la vision de droite du RSA. Il est à craindre une vision très droitière de la question. La politique de Nicolas Sarkozy tend a faire croire que l’on peut prendre une mesure par ci, un dispositif par là , un individu la bas ou ailleurs et que le tout va garantir une action pragmatique et cohérente. Non c’est tout le contraire, c’est comme le bon vin, un assemblage de caractère doit donner une personnalité d’ensemble même si l’on distingue les cépages et non le breuvage infâme que l’on essaie de nous faire boire .De même Le RSA dans le cadre d’une politique économique de droite ne peut être qu'un pis aller et un faire valoir. Par contre le RSA serait un élément cohérent qui participerait d’un objectif global dans le cadre d’une politique de gauche en faveur du pouvoir d’achat , d’une politique globale sociale de l’ordre juste, d’une politique d’aide aux entreprises conditionnée , d’une politique du gagnant gagnant. Le RSA dans la politique de Sarkozy risque donc de bel et bien être comme un chien dans un jeu de quilles . La vérité c’est que si la droite le pouvait elle déréglementerait les salaires. Ce qui permettrait en payant beaucoup moins d’embaucher tout un bataillon de travailleurs pauvres encore plus sous payés qu’actuellement. C’est la vraie vision de la droite car en réalité, sauf pour sauvegarder une bonne conscience de tradition, la pauvreté n’a jamais été sa préoccupation principale . La politique d’insertion sociale continuera donc à Ramer Sans Argent et les pauvres pareillement car il ne peut en être autrement sans réelle volonté d’agir.
17:40 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, béziers, ps, politique, RSA, RMI, pauvreté






Les commentaires sont fermés.