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samedi, 15 avril 2006

Le Modèle danois: interwiew Hollande / Rasmussen

Merci d’être venu pour ce point presse qui se tient à l’occasion de la participation de Poul Nyrup RASMUSSEN à la journée organisée par le PS sur le thème de la mondialisation.

J’avais souhaité saisir cette opportunité pour que Poul puisse revenir en tant qu’ancien Premier ministre, sur ce qu’on appelle en langage courant « le modèle danois ». J’estimais nécessaire que l’on puisse faire partager cette expérience et délivrer le message qu’elle porte, devant le Parti socialiste et plus largement devant vous.

De 1993 à 2002, Poul Nuryp RASMUSSEN a été à trois reprises élu et réélu et Premier ministre de son pays le Danemark. Il a permis de faire baisser significativement le chômage. Ce modèle de flexsécurité fait objectivement le choix de l’investissement dans le capital humain, c’est-à-dire de la valorisation de ce qu’est le facteur de production, à savoir le travail. Il ne peut pas y avoir de croissance forte, s’il n’y a pas de valorisation d’atouts d’un pays, et de sa population active.

C’est la raison pour laquelle dans le projet que prépare le Parti socialiste, la formation, l ‘Éducation et la qualification seront des sujets prioritaires. Au-delà de l’effort que chacun peut fournir, à tous âges de la vie, quant à la qualification et à la formation, il y a des moments de rupture du contrat de travail ou de mutation économique. C’est pour ces moments-là qu’il faut prévoir des transitions et que le modèle danois prend tout son sens. Etre capable d’accompagner le salarié qui perd son emploi et de le requalifier et de le remettre dans une position susceptible d’intéresser les entreprises. A partir de là , il faut faire en sorte que pendant son temps de chômage, le salarié soit actif, car c’est aussi la pleine activité que nous souhaitons développer dans notre projet.

Enfin, les mots ont un sens. Les mots de flexibilité en France sont associés à la notion de précarité et pour de nombreux Français, le CPE ou le CNE sont des mots qui ont fait beaucoup de dégâts. A ce titre, nous préférons parler de mobilité car il y a forcément du mouvement dans toute organisation humaine et toute vie professionnelle. Il faut cependant que nous soyons capables d’assumer et de garantir cette mobilité.

Intervention de Poul Nyrup RASMUSSEN, Président du Parti socialiste européen

Un texte que j’ai formalisé explique chiffres à l’appui, les tenants et les aboutissants de ce modèle « danois ». Pour commencer avec les chiffres, il ne s’agit pas d’un miracle mais d’un investissement en soi, concentré essentiellement sur l’ éducation. La différence d’investissement dans la formation entre ce qu’on fait au Danemark et ce qui existe en France est une première différence fondamentale.

Le système danois repose également sur une collaboration entre syndicats, employeurs et salariés. Une année de dialogue commun a été nécessaire pour établir un diagnostic et aboutir à une compréhension commune sur ce sujet.

La garantie jeunesse par exemple, est fondée sur le principe qu’il est impossible de rester sans travail plus de 3 mois. On est censé vous donner une activité.

La croissance a atteint jusqu’à 4,7 % en même temps, nous avons établi un contrat avec les jeunes sur le droit et le devoir de se former. Mais de toute évidence, un contrat comme le CPE à la française, n’a rien à voir avec le modèle que nous avons voulu mettre en place. A l’origine de notre projet, il y a d’abord un consensus entre les partenaires sociaux et les salariés. L’expérience française montre que l’on a retiré des droits sans offrir de nouvelles perspectives ou contreparties, d’où l’échec de ce dispositif.

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